Éditorial

Par Thomas PARIS

C’est une ritournelle qui paraît éternelle. Il y avait eu l’industrialisation, l’automatisation, la robotisation, la numérisation… Bien avant tout cela, Suétone racontait que l’empereur romain Vespasien avait refusé une machine permettant le transport de colonnes lourdes jusqu’au Capitole, parce qu’il devait nourrir ses roturiers. Avec l’arrivée de l’IA se pose une nouvelle fois la question de la disparition des métiers, de la mise au rebut des humains vis-à-vis du travail, avec les débats infinis que cela draine autour de la dialectique entre émancipation et déclassement.

C’est donc qu’il est solide, l’animal, qui a su résister à autant d’innovations qui semblaient le vouer à céder sa place et l’envoyer vers une retraite bienheureuse ou un purgatoire infâme. Il faut même admettre qu’il a repris du poil de la bête, en nous remémorant qu’il y a tout juste un siècle, on testait dans les usines de la Western Electrics les effets des variations de l’éclairage sur la productivité des ouvrières. Tandis que la fin du travail a été plusieurs fois annoncée, l’attention portée aux travailleurs a eu tendance à augmenter. Avec le temps, ils ont accédé au statut de ressources (humaines), de talents, de capital (humain). Des courants se sont développés autour de leur qualité de vie au travail, de leur plus grande autonomie, voire de leur libération à travers celle de leur entreprise.

On peut admettre aujourd’hui qu’il est plus fertile de penser les rapports dans le travail entre humains et technologies sous un angle non pas de substitution, mais de complémentarité. L’agencement que constitue une organisation, selon les termes de Jacques Girin, s’est beaucoup enrichi dans le temps, de procédures, de machines, de technologies, conduisant chaque fois à une adaptation réciproque. Qu’il s’agisse des technologies les plus récentes comme les exosquelettes, des process ou de l’ensemble d’une organisation, la ligne de plus grande pente consiste à mettre les humains à leur service. La voie alternative suppose souvent une inversion de perspective conduisant à considérer que l’humain n’est pas le problème, mais la solution, qu’il s’agit de faire en sorte qu’il s’implique plutôt qu’il n’applique, que les dirigeants peuvent se mettre au service du talent de leurs employés.

L’IA aura des effets considérables sur les entreprises, les métiers, les secteurs, l’économie. Tandis que beaucoup spéculent aujourd’hui sur leur ampleur, des organisations font le pari de l’humain.

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